En France, 73 % des pluriactifs consacrent moins de 10 heures par semaine à leur activité complémentaire, selon une étude du Salon SME dont la méthode n’est pas publiée (Culture RH). C’est l’échelle de ce carnet : quelques heures, un petit budget, un premier test. Chaque piste de projet à côté d’un emploi y est notée de la même façon : cinq critères chiffrés, un niveau de preuve par chiffre, une date et un encadré pour la Suisse, la France, la Belgique et le Québec. Cette page décrit la méthode en entier, pour que vous puissiez lire une fiche, la discuter et refaire le calcul avec vos propres heures.
Cinq critères chiffrés, toujours les mêmes
Chaque critère est donné en fourchette, car deux personnes ne mettent pas le même temps à produire la même chose. La fourchette décrit une personne qui a la compétence de base et démarre seule, à côté d’un emploi à plein temps. Les hypothèses sont écrites sous chaque chiffre.
1. Temps par semaine, en heures. Les heures réelles d’un premier test : production, échanges, trajets et administration compris. Le registre retient les pistes qui tiennent entre 1 et 8 heures par semaine.
2. Budget de départ, en CHF ou en euros. Ce qu’il faut avancer avant les premiers retours : outils, matériel, impression, relecture. Ce que vous possédez déjà, un ordinateur ou un téléphone, n’est pas compté. Trois paliers : jusqu’à 100, de 101 à 300 et de 301 à 1 000 CHF ou €. Pour le Québec, la fourchette est estimée à part en dollars canadiens.
3. Compétence principale. Le savoir-faire qui fait la différence, nommé en quelques mots, avec le temps de mise à niveau pour une personne qui a déjà la base. Exemple : « Tableur et logique, 2 à 6 h ».
4. Part automatisable, en heures gagnées par semaine. Les heures qui tournent sans vous une fois le format stable : rendez-vous, encaissement, livraison d’un fichier, envoi programmé. Elle se lit sur le temps total, par exemple « 1 à 2 h sur 4 h » ; le reste demande votre présence. Les outils sont désignés par leur fonction, sans marque. À partir de 40 % du temps, la fiche porte la mention « forte part automatisable ».
5. Délai avant un premier test, en semaines. Le temps qu’il faut pour montrer une première version à une personne concernée, de 1 à 4 semaines. Chaque fiche propose ensuite un test sur quatre semaines, avec ce qu’il faut mesurer chaque semaine et un repère pour continuer, ajuster ou arrêter.
Quatre niveaux de preuve
Chaque chiffre porte un niveau de preuve. Le niveau affiché en tête de fiche est le plus faible des cinq critères.
- Estimé. Calculé par la rédaction à partir d’hypothèses écrites sur la fiche, par exemple « deux modèles par semaine, 1 h à 1 h 30 chacun ».
- Déclaré. Rapporté par des personnes qui mènent la piste, d’après leur propre relevé d’heures et de dépenses, sans vérification de notre part.
- Documenté. Tiré d’une source publique et datée, liée sous le chiffre : statistique officielle, étude à la méthode publiée, grille tarifaire.
- Vérifié. Mesuré par le carnet lui-même, lors d’un test de quatre semaines publié dans le carnet d’essai, avec les heures, les dépenses et la décision prise.
Les passages suivent des règles fixes. Un chiffre devient déclaré à partir de trois relevés datés et concordants ; en dessous, les relevés s’affichent à côté de l’estimation. Il devient documenté quand une source publique mesure la même chose, pas un ordre de grandeur voisin. Il devient vérifié quand le carnet d’essai a publié ses quatre entrées hebdomadaires, abandon compris. Il redescend à estimé si sa source a plus de douze mois ou si la règle qui le fonde change.
Les douze premières fiches, datées du 11 octobre 2026, sont toutes au niveau estimé : aucune n’est encore passée par le carnet d’essai.
Une date sur chaque fiche, un journal pour chaque changement
La date d’une fiche indique sa dernière revue complète ; aucune fiche ne reste plus de douze mois sans revue. Chaque seuil porte, lui, la date à laquelle il s’applique, par exemple « au 1er janvier 2026 ».
Le journal des mises à jour consigne chaque changement, avec sa date et sa raison : nouveau seuil, source remplacée, test publié, erreur corrigée. Les seuils sont revus chaque année en janvier, à la publication des montants de l’année, et à chaque changement de loi connu entre-temps.
Une règle de prudence : aucun montant de gain
Une fiche décrit ce qu’un premier test vous demande : des heures, un budget, une compétence, un délai. Elle ne dit jamais combien la piste peut rapporter, et ne présente aucun revenu de tiers comme un objectif. Le résultat dépend de votre prix, de votre marché, de votre pays et du temps dont vous disposez vraiment. Les données publiques invitent à la mesure : fin 2025, 55 % seulement des comptes d’auto-entrepreneurs français déclaraient un chiffre d’affaires positif au quatrième trimestre (TPE Actu).
Le premier test mesure donc le temps passé, l’argent dépensé, les réactions à une première version, puis le nombre de « oui » à un prix affiché. Ces « oui » se recueillent sans encaisser. En France et en Belgique, une activité rémunérée se déclare avant la première vente, par l’immatriculation de la micro-entreprise ou l’inscription à la BCE ; en Suisse et au Québec, le revenu se déclare dès le premier franc ou le premier dollar. Les repères de décision sont ceux de la rédaction : adaptez-les à votre situation.
Quatre pays, une source pour chaque seuil
Chaque fiche comporte un encadré par pays : en une ou deux lignes, le statut courant pour un salarié et le seuil qui compte pour cette piste, avec sa date et sa source. Les seuils les plus utilisés, au 1er janvier 2026 :
| Pays | Statut courant | Seuils les plus utilisés | Sources officielles |
|---|---|---|---|
| Suisse | activité indépendante accessoire | AVS perçue sur demande sous 2 500 CHF de revenu annuel ; registre du commerce et TVA dès 100 000 CHF de chiffre d’affaires | Mémento AVS 2.02, AFC, LIFD |
| France | micro-entreprise | franchise de TVA jusqu’à 37 500 € (services) ou 85 000 € (vente) ; plafonds de 83 600 € et 203 100 € de 2026 à 2028 | Service-public.fr, plafonds, franchise de TVA, Urssaf |
| Belgique | indépendant à titre complémentaire, salarié au moins à mi-temps | aucune cotisation définitive sous 1 922,16 € de revenu en 2026, puis 20,50 % ; au démarrage, cotisation provisoire de 98,51 € par trimestre, régularisée selon le revenu réel ; économie collaborative plafonnée par un montant annuel du SPF Finances | SPF Sécurité sociale, économie collaborative, SPF Economie |
| Québec | travailleur autonome | TPS et TVQ au-delà de 30 000 $ de fournitures taxables ; cotisations RRQ et RQAP sur le revenu net d’entreprise, selon les règles de Revenu Québec, le seuil de 2 000 $ du RQAP portant sur le total des salaires et de ce revenu ; Registraire sous 60 jours si vous exploitez un autre nom que le vôtre | Revenu Québec, TPS et TVQ, RQAP, Québec.ca |
L’encadré renvoie aussi à votre contrat de travail. Les quatre pays imposent une loyauté envers l’employeur : Code des obligations en Suisse (CO, art. 321a et 340a), obligation de loyauté en France, précisée par un arrêt de la Cour de cassation du 14 janvier 2026 (Service-public.fr), loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail, art. 17 (Justel), en Belgique, Code civil du Québec, art. 2088 et 2089 (LégisQuébec). Chaque fiche pose trois questions. La piste touche-t-elle le métier ou les clients de votre employeur ? Une clause de non-concurrence ou d’exclusivité la vise-t-elle ? Le projet reste-t-il hors de votre temps et de votre matériel de travail ? Si vous êtes agent public, des règles de cumul propres à votre fonction s’y ajoutent.
Ces encadrés sont un point de départ daté. Pour votre cas, la caisse de compensation AVS en Suisse, l’Urssaf en France, la caisse d’assurances sociales en Belgique et Revenu Québec font foi.
Par où commencer
Lisez d’abord le temps et le budget : ils disent si la piste entre dans votre semaine. Puis la compétence, l’encadré de votre pays et le point sur le contrat. Si tout tient, le premier test vous dit quoi faire et quoi mesurer pendant quatre semaines.
Parcourir les douze premières fiches, triables par heures, par budget et par part automatisable.
Le journal des mises à jour
Premier lot de douze fiches, toutes au niveau « estimé ». Seuils des quatre pays au 1er janvier 2026, chacun avec sa source.
Prochaine revue : janvier 2027, à la publication des montants de l’année.
